Les loyers deviennent de plus en plus chers. Nombreux sont les jeunes actifs et les étudiants qui décident de choisir un logement en colocation pour réduire leur loyer. Cependant, la recherche de ce type de bail est souvent longue et compliquée. Les propriétaires sont craintifs à cause des risques d’impayés et des dégâts pouvant être causés. Est-ce qu’un propriétaire a le droit de refuser une colocation ? Voici, ce que dit la loi et comment les bailleurs peuvent louer leur bien plus sereinement.

Qu’est-ce qu’une colocation ?

Une colocation est le fait de louer un logement en commun en tant que résidence principale. Chaque colocataire doit signer un bail qui peut être unique ou individuel avec son propriétaire-bailleur, ou avec son agence immobilière. Les couples mariés et pacsés ne sont pas soumis à ce régime. Cependant, les couples vivant en concubinage sont assimilés juridiquement à ce statut.

Que dit la loi concernant le refus de colocation ?

La colocation engendre des contraintes supplémentaires pour le bailleur. Il doit gérer les départs en cours de bail des colocataires, veiller à recevoir l’intégralité du loyer, déterminer les responsabilités lors d’un incident… Toute cette gestion est fastidieuse. Un propriétaire peut donc refuser de louer son bien en colocation ?

Pour que ce refus ne soit pas considéré comme discriminatoire, le propriétaire devra refuser toutes les colocations sans exception. Dans le cas contraire, la justice peut lui reprocher une pratique discriminatoire. Les bailleurs n’ont pas le droit de sélectionner leur locataire en fonction des critères suivants : âge (colocation entre seniors), sexe, religion, origine, apparence physique…Ils encourent des peines passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

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Propriétaires : comment se protéger lors d’une colocation ?

Si vous acceptez de louer votre bien en colocation, vous pouvez exiger la signature d’une caution solidaire ou d’une clause de solidarité. En cas d’impayés, chaque colocataire est redevable de l’intégralité du loyer et des charges. Ainsi, il est possible de demander les sommes dues à tous les colocataires et à leurs garants respectifs. Une fois la régularisation effectuée, les colocataires peuvent se retourner contre le mauvais payeur pour exiger un remboursement des sommes versées à sa place. Cette clause concerne aussi le dépôt de garantie. A la fin du bail, si vous constatez des dégradations lors de l’état des lieux, cette somme peut vous être versée en partie ou en intégralité selon l’ampleur des dégâts.

Concernant le remplacement d’un nouveau colocataire, vous pouvez imposer un remplaçant uniquement dans le cas d’un bail individuel. Si vous avez opté pour une location à bail unique, l’arrivée d’un nouveau colocataire doit se faire en concertation avec les autres colocataires déjà présents. Une fois que vous êtes d’accord, un avenant au bail est signé pour acter l’entrée du nouvel arrivant.

Notez que pour vous protéger, chaque bail possède une clause résolutoire. Elle stipule toutes les obligations que le locataire doit respecter : payer son loyer et ses charges, verser un dépôt de garantie, souscrire une assurance de location et jouir des lieux sans les dégrader ou causer des troubles du voisinage. Dans le cas où les colocataires ne respectent pas cette clause, vous pouvez mettre fin au contrat de location.

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Une copropriété peut refuser une colocation

Avant de louer votre appartement en colocation, assurez-vous que la copropriété ne puisse pas s’y opposer. Pour préserver la tranquillité des résidents et l’environnement du logement, certains règlements de copropriété limitent le nombre de colocataire ou interdisent ce type de bail. Lors de votre acquisition, vous avez dû recevoir des documents le notifiant. En cas de non-respect de cette règle, les copropriétaires peuvent engager des poursuites contre vous pour vous réclamer des indemnités.

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